Pour combattre ce qu'elle considérait comme
un retour à des traditions païennes, la Réforme protestante
a rejeté les cultes en l'honneur des saints
: elle a refusé de leur attribuer une mission spécifique
de protection comme, par exemple, d'invoquer saint Roch contre la peste
ou saint Christophe contre les dangers du voyage.
La Réforme, par contre, a jugé
légitime
de commémorer les saints : la Confession d'Augsbourg (première
formulation de la doctrine de Luther)
en 1530 invite les chrétiens à "garder la mémoire
des saints afin de prendre pour exemple leurs bonnes œuvres, chacun selon
sa vocation". (art.21)
Les Luthériens et les Anglicans ont maintenu
les fêtes qui célèbrent les saints d'origine biblique,
par exemple Jean-Baptiste, Pierre, Paul ...
Lors des persécutions des guerres de religions,
les martyrs de la Réforme
furent ajoutés aux martyrs de l'Église ancienne.
Enfin et surtout la Réforme rappelle que
l'Église est "communion des saints", c'est à dire de tous
les chrétiens éclairés par l'Esprit Saint.
C'est pourquoi, bien que chrétien exemplaire
(reconnu comme tel par son Église Luthérienne et par les
autres Églises chrétiennes), Dietrich Bonhoeffer ne sera
jamais canonisé.