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Catherine
Catherine est l’une des huit enfants et l’une des quatre filles
de Brigitte de Suède. On l’appelait « Kaine ». Comme
sa mère, elle fut mariée jeune et devint veuve. Elle
accompagna sa mère dans ses pèlerinages et séjourna
à Rome avec elle. En 1373, elle fit ramener le cercueil de sa mère,
décédée le 23 juillet, depuis Rome jusqu’au
monastère de Vadstena que sa mère avait fondé en Suède.
C’est dans ce monastère que Catherine finit sa vie : les religieuses
la demandèrent comme responsable ; mais elle accepta seulement de
devenir « la principale protectrice du monastère ».
Ce n’est qu’en 1380 qu’elle fut nommée abbesse. Elle mourut un an
plus tard en 1381.
Magnus II
Il s’agit du roi de Suède à l’époque de Brigitte.
C’est son cousin et il a une dizaine d’années de moins qu’elle.
C’est lui qui fait venir Brigitte au palais de Stockholm en 1335
pour qu’elle assume la tâche "d’intendante du palais ".
Magnus, âgé d’une vingtaine d’années, et
son épouse, Blanche, plus jeune encore, mènent une vie facile
où les mondanités et les frivolités prennent la plus
grande place ; Brigitte conseille le roi et la reine, mais si ses
remarques sont écoutées avec respect, elles ne sont pas suivies
de changement.
Magnus, quelques années plus tard, reçoit d’autres avertissements
de Brigitte concernant les dépenses de la cour, les injustices sociales
et les excès d’impôts auprès des paysans ; cependant,
le règne de Magnus II se termine par un naufrage financier pour
le Royaume.
St
Jacques de Compostelle
Cette ville est le but du second pèlerinage qu’accomplit
Brigitte et Ulf , son mari.
Le premier pèlerinage eut lieu à la suite du décès
de leur huitième enfant, Gudmar .
Les parents du jeune écolier se rendirent en Norvège,
sur la tombe du grand saint du Nord de l’Europe, Olaf II.
A l’automne 1341, avec la permission du roi, ils entreprirent
un pèlerinage bien plus long encore : celui de St Jacques de Compostelle.
Ils s’y rendaient non pas en voyageurs aisés mais en « pénitents
», c’est-à-dire en acceptant et choisissant des conditions
éprouvantes qui, dans la mentalité religieuse médiévale,
avaient pour but de les aider à se rapprocher de Dieu .
Parmi les haltes de ce grand voyage, il y eut Cologne, en Allemagne,
Aix-en-Provence en France, puis l’Espagne.
Sur la route du retour, à Arras en France, Ulf fut au bord de
la mort ; il promit devenir moine
s’il
guérissait. Et il accomplit cette promesse après avoir réglé,
avec Brigitte, des problèmes importants concernant leurs enfants.
Il entra au couvent cistercien d’Alvastra . Trois ans après,
son épouse fut appelée auprès de lui pour l’accompagner
dans les dernières heures de sa vie .
Brigitte rentra au palais royal de Stockholm ; elle avait un peu plus
de quarante ans.
Rome
Là encore, c’est un pèlerinage qui sera l’occasion
pour Brigitte de créer des liens avec cette ville. Nous sommes en
1350 ; à l’occasion de ce milieu de siècle, le pape Clément
VI décide un « Jubilé » pour l’Eglise universelle
(Cette coutume des jubilés a traversé les siècles
et se poursuit aujourd’hui avec le «
Jubilé 2000 » proposé par le Pape
Jean-Paul II à tous les Catholiques du monde .)
A l’occasion des Jubilés, autrefois comme aujourd’hui, de nombreux
pèlerinages sont proposés ; c’est pourquoi Brigitte
décide à nouveau de partir et de franchir des milliers de
kilomètres pour rejoindre la Ville Eternelle. Elle s’y rend avec
sa fille Catherine.
Mais au terme du voyage, le Pape a achevé son séjour
à Rome et a rejoint Avignon ; c’est en effet, dans cette cité
que les papes entre 1314 et 1376 ont décidé de résider.
Catherine est, dès lors, persuadée qu’elle doit contribuer
à convaincre le pape de revenir dans la ville où St Pierre
et St Paul
bâtirent
l’Eglise au premier siècle du Christianisme.
Mais pour Brigitte et Catherine, Rome est bien plus qu’un lieu de pèlerinage mais un tournant dans leur vie puisqu’elles y demeurent 20 ans ! Elles y mènent une vie simple de prière ; Brigitte, après avoir appris le latin et l’italien, se met à enseigner ceux qui viennent lui demander d’approfondir la foi chrétienne. Catherine exerce des activités plus caritatives auprès des démunis.
Pendant ce séjour, Brigitte poussée par les certitudes qu’elle reçoit dans la prière, ne craint pas de s’adresser avec véhémence aux papes lorsqu’ils viennent à Rome ou par des courriers lorsqu’ils demeurent dans la nouvelle ville pontificale de Provence.
Jérusalem
Encore une ville ! encore un pèlerinage ! Brigitte a 68 ans
; avec deux de ses fils, elle prend le bateau à Naples où
la future sainte, désormais très connue, est accueillie par
un véritable triomphe et reçue par la reine. C’est là
qu’un de ses fils va mourir.
Deux ans plus tard, au retour de ce voyage en Terre Sainte, Brigitte
meurt et son fils et sa fille ramènent son cercueil en Suède.
« Révélations
»
Il s’agit du nom du livre dont Brigitte est l’auteur. Elle l’a écrit
sur une longue période de sa vie car elle y a consigné ce
qu’elle recevait de Dieu dans sa prière. C’est donc une œuvre «mystique
» c’est-à-dire une œuvre qui exprime des dialogues de
prière nés d’une relation très forte entre un croyant
d’une part et Dieu (ou Ste Marie) d’autre part.
Dans ce livre, Brigitte a donc consigné non seulement
les mots qu’elle adressait elle-même à Dieu ou à Marie,
mère de Jésus, mais aussi les réponses de Dieu ou
de la Vierge qu’elle entendait intérieurement. Elle y a aussi décrit
ses « visions » et noté la Règle qu’elle élabora
pour l’ordre de St Sauveur qu’elle fonda en 1346.
C’est à 10 ans qu’elle reçut sa première «
Révélation » en méditant sur la souffrance de
Jésus avant sa mort. Tout au long de sa vie d’épouse, de
mère, d’intendante du palais royal, de conseillère des rois
et des papes elle entendit , comme les prophètes bibliques, ce qu’elle
devait annoncer et parfois dénoncer de la part de Dieu.
Les choix de la vie de Brigitte furent directement liés à
ce qui lui était révélé : les conseils donnés
à ses enfants, les remarques adressées au roi Magnus II,
les départs en pèlerinages, les appels lancés aux
Papes, ses choix de vie quotidienne .
Brigitte, comme l’ensemble de ses contemporains est très marquée
par la peur du Jugement de Dieu même si, pour son époque,
elle insiste aussi beaucoup sur l’Amour de Dieu. Dans ses « Révélations
», elle rappelle la nécessité de conformer sa vie à
l’Evangile et si elle encourage avec tant d’audace les Grands à
la conversion c’est pour leur éviter la damnation
éternelle.
Elle ne sera pas toujours entendue mais elle parlera même au
risque de contrarier et de contester les personnages les plus hauts placés
; les prophètes ont la charge de faire savoir ce qu’ils ont compris
de la part de Dieu non de se faire obéir.